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Date: 19.09.2020  Heure: 21:57 GMT


Ajouté le : 22.08.2020 15:21

Radioscopie : Aziz, reviendra t-il à la raison pour sauver ses ministres et les membres de sa famille ?

Le doute n’est plus permis. Le  rêve des membres de la commission parlementaire et celui de millions de mauritaniens  est devenu réalité.  Mohamed Ould Abdel Aziz, général à la retraite,  l’ex- très puissant chef de la Sécurité Présidentielle BASEP,  l’avant dernier président de la République Islamique de Mauritanie a des difficultés à s’adapter à son lieu de détention exigu des locaux des services de renseignements de la DGSN.

 

Pour certains Ould Ghazouani,   a réussi son coup et  « exhibé » son trophée. Il offre en ce moment  aux mauritaniens en spectacle  Mohamed Ould Abdel Aziz derrière « les barreaux » de la police criminelle.  Le marabout « timide » par politesse, « muet » par précaution,  « sourd » pour mieux entendre et « aveugle » pour tout voir commence à forcer l’admiration des quatre millions de mauritaniens.

 

Il a fait prendre  dans les filets de la police d’Ahmed Salem  Ould Merzoug – (le sacrifié de l’OMVS-),  le « fauve » qui terrorisait les populations depuis 10 ans et  qui avait déjà « dévoré » le port, les deux aéroports, les écoles, les panneaux solaires, les éoliennes, les pylônes, et certains domaines publics. Quatre millions de mauritaniens  toutes tendances confondues, que la politique, la discrimination, l’injustice opposaient parfois  les uns aux autres,  ont au-delà de leurs divergences  ensemble,  poussé  à cœur joie  un « ouf »  de soulagement.

 

Le pays où il faisait tellement mal de vivre de 2009 à 2019,  commence à respirer  une ère de satisfaction. Mais malheureusement et c’est regrettable, d’un autre côté  celui que personne ne pouvait s’imaginait  voir « suppliant » des policiers de la mettre  dans des meilleures conditions de détention respire pratiquement étouffé par un manque d’oxygène et d’air conditionné.

 

Entendre Aziz, trop silencieux, le but de la manœuvre des policiers d’Ould Merzoug.

 

Sans  s’être « interféré » dans le travail de la commission d’enquête parlementaire comme promis, et sans s’être « ingéré » dans le travail  de la police d’état, -(comme le faisait son prédécesseur-), Ould Ghazouani  a réussi un coup de « Maître ». Il a brisé le mythe de l’homme derrière lequel couraient quelques « délinquants » de toutes espèces, toujours les mêmes chasseurs de primes des malversations, des  pillages et de  la gabegie.

 

Celui qui  avait « oublié » de se faire installer  dans la chambre qu’il occupe maintenant à la DGSN, le climatiseur dont le prix a été pourtant inclus dans le montant du marché cédé de gré-à-grès à une société écran ou dans son rôle,  est « privé » préventivement  de liberté. Il  est  soumis à une enquête judiciaire pour être « entendu »  sur ce pour lequel il était  « attendu ».

 

Par son silence qu’il garde de peur que ce « qu’il dise soit retenu contre lui », le Président des pauvres cherche à éviter de tomber dans le piège des enquêteurs qui savent déjà ce qu’ils « cherchent à savoir ». Surpris par la gravité des « faits » qui lui sont reprochés  et les preuves réunies,  le général s’est  « dégradé » devant des simples  officiers de police judiciaire. Il s’est rétracté derrière un silence  en esquivant les questions qui reviennent en écho par  lesquels il est  « cuisiné ». 

 

Ould Abdel Aziz, Mohamed, Le général  qui croyait que,  pour son rang et à cause de son immunité, à la fin de l’enquête parlementaire  il allait partir  directement et sans escale de sa chambre à coucher « climatisée » à la barre de la salle d’audience de la Haute Cour de Justice, a été trahi par ses faux calculs. Cet « atterrissage forcé » à la Direction de la Répression des Crimes Economiques a chamboulé tout son programme.

 

C’est  pourquoi, au début de son interrogatoire, et quand il décidait de son gré de parler, il disait aux enquêteurs « allez poser votre question  à celui qui vous a demandé de me la poser ». Cette réplique  rappelle une autre. Quand devant son domicile les femmes lésées par les « achats escroqueries » en bande organisée de Cheikh Ridha,  avaient criés  des slogans pour être restituées dans leurs droits, le général avait simplement  descendu  la vitre de la portière de sa luxueuse voiture  pour leur dire insolemment  « retournez  voir celui qui vous a envoyé chez moi pour lui demander de  résoudre votre problème. Je ne suis en rien  concerné ».

 

Quand la jonction est établie entre Cheikh Ridha et Ould Abdel Aziz.

 

Pourtant il y’a quelques jours  des documents trouvés dans un coffre fort appartenant à quelqu’un de son  entourage  donnaient raison à ces femmes qui frappaient bien à la bonne porte en manifestant devant les grilles du grand palais que Ould Abdel Aziz  a fait construire avec l’argent du contribuable.   

 

En attendant de savoir qui est « celui qui envoie » dont Aziz ne cesse de parler dans ses répliques,  essayons de savoir qui dit vrai ? Lui,  qui se dit innocent mais que des preuves accablent d’avoir acheté pour lui et pour ses proches par personnes  interposées des centaines de maisons pour les revendre  ensuite ?  Ou,  les documents « légalisés » et authentifiés par un notaire qui a été surpris par la rapidité avec laquelle les policiers ont fait parler les archives de son cabinet.

 

Pourtant les preuves matérielles et tangibles ont tranché. Le général-président  n’est pas concerné comme il le dit, mais par preuves irréfutables il est  très impliqué même s’il le nie.

 

Maintenant essayons de donner raison à Aziz : les policiers qui l’interrogent sont au service de « celui qui les envoie ». Qu’est ce que cela change du moment où les camions, les véhicules tous-terrains, les quantités énormes de bidons de carburant, les véhicules blindés, les armes et les équipements sont dans les entrepôts  de quelqu’un du cercle de sa famille ?

Mais qu’est ce que ça changera aussi du moment où l’existence de ces moyens logistiques très importants sème le trouble et  surtout  de  l’inquiétude dans les esprits de tous les mauritaniens.

 

A mon avis, Ould Abdel Aziz ferait mieux de coopérer avec la police. S’il ne le fait pas pour des raisons d’apaisement de la classe politique, qu’il le fasse   au moins pour disculper les proches de sa famille impliqués de très près dans ces découvertes qui donnent froid dans le dos.

 

En agissant ainsi il sortirait à moindres risques de cette épreuve difficile qui tourne autour de sa responsabilité dans l’octroi des marchés  de l’énergie, des infrastructures portuaires,  aéroportuaires, routières et dans le domaine de l’économie maritime.

 

Il ne lui servira à rien de jouer aux prolongations avec des policiers de la Criminelle Economique et ceux de la Sureté de l’Etat. Il « savent » déjà ce qu’il leur cache  mais  cherchent simplement à le confirmer par ses « aveux ».

 

Les enquêteurs cherchent à savoir ce qu’Aziz cherche à cacher.

 

Ce que les enquêteurs cherchent à savoir et que Ould Abdel Aziz cherche à nier nous le savons tous. Pour vous  rafraichir la mémoire. Une année après son arrivée au pouvoir, le président Ould Abdel Aziz qui avait  hérité une Société d’Electricité agonisante veut faire vite et bien pour tenir ses promesses  électorales. Il  s’est lancé donc  dans un programme accéléré d’électrification de la ville de Nouakchott dont toutes les activités économiques se sont  effondrées et toutes les activités administratives ont été ralenties à cause des délestages ininterrompus. 

 

Nous sommes en 2010. 22 milliards d’ouguiyas, contributions financières cumulées  de l’Etat mauritanien, du Fond Arabe de Développement  Economique et Social et de la Banque Islamique de Développement sont mobilisés.  Un certain Ahmed Salem Ould Béchir est à la tête de  la Somelec.  Jeune ingénieur  fraichement promu à ce poste  il veut faire ses preuves.  Le Général Ould Abdel Aziz lui aussi fraichement élu « démocratiquement » veut faire une démonstration de force. Il rend visite au siège de la Société et intime l’ordre à Ould Béchir d’accélérer  l’exécution des projets pour généraliser la distribution de l’énergie de manière régulière et ininterrompue  dans tous les quartiers de Nouakchott. Le président donne des instructions pour que tout soit mis en œuvre pour accompagner la Somelec dans cette dynamique.

 

Ould Abdel Aziz marque un point. Nouakchott sera fourni en électricité suffisamment et en un temps record pour faire oublier les mauvais souvenirs de délestages. Mais la facture est très  salée. Elle est  gonflée de plus  de 50 millions de dollars pour une option Duale. Wartsila, groupe  finlandais –pas très doué pour vendre de l’énergie proprement- est mis à contribution par un membre influent de la famille du Général pour « aspirer » le montant dont les pots de vin du palais seront remplis. Le Directeur Général de la Somelec Ould Béchir est « sommé » hiérarchiquement de cautionner   ce  partenariat donnant-donnant entre Wartsila  (société finlandaise  et «l’intermédiaire agrée »  de la présidence). La transaction  menée de gré-à-grès entre le membre influent de la famille du président et la Société Nationale Somelec « décaisse » des  milliards au profit  du palais.   Succès donc pour  cette première opération opaque éclairée par l’énergie électrique finlandaise.  Ahmed Salem Ould El Béchir  plus préoccupé par la fourniture de l’énergie à la capitale qu’autre chose est  complètement floué. Il s’est rendu compte mais trop tard  que sa nomination à la tête de la société est un piège tendu dans lequel il est tombé.

 

Beaucoup de lumières pour rendre sombre des opérations frauduleuses.

 

Par obligation de réserve Ould Bechir  garde le silence sur le premier plus grand scandale de corruption et de détournement des deniers publics de l’histoire d’Aziz en rapport avec des marchés de l’énergie. Il n’évoquera le scandale de ce  marché de l’énergie que  10 ans plus tard, lors donc de son  audition par  la commission parlementaire. A la question de savoir quel a été son rôle dans la signature des accords conclus, il répondra preuve à l’appui: « j’ai exécuté des instructions reçues de mon département de tutelle ». Les explications et les preuves suffisent pour le blanchir.

 

Après le départ d’Ahmed Salem Ould Béchir de la Somelec, les détournements et la corruption ont continués de plus belle par les mêmes procédés, c'est-à-dire  des attributions  de marché de gré-à-grès avec cette fois  la bénédiction de « l’enfant adopté » par le couple présidentiel,  le jeune Ould Abdel Vetah.

 

Le fils à Papa Aziz et Maman Tekbir est « surexploité » pour apposer sa signature sur tous les contrats juteux de la famille. Dernier contrat   « scandale » en date  dans le domaine de l’énergie celui paraphé  en mai 2019 deux mois avant les élections portant sur la livraison de deux générateurs électriques destinés à Nouadhibou pour 10.94 millions d’euros.

 

Maman et Papa font acheter par la Somelec, avec la bénédiction de l’intime ami de leur enfant chéri Ahmedou (qu’Allah l’accueille dans son paradis),  deux générateurs d’occasions de génération dépassée et sans service après vente qui ne résistent à leur exploitation que quelques temps. Les pannes successives de la Centrale de Nouadhibou auxquels ils ont été destinés font perdre à notre économie maritime des milliards  d’ouguiyas en quelques mois après la mise en exploitation de ces générateurs.

 

Par la suite Ould Abdel Aziz, a aussi enfoncé des ministres et des responsables dans d’autres scandales.  Son Ministre de la pêche Ould Chrougha, sa ministre du développement rural Mint Moma, et son « fils » de substitution Ould Abdel Vetah, celui de l’équipement et celui des finances « le goute-à-tout » Ould Diaye  sont solidairement impliqués dans le scandale du port à conteneurs qui continue encore  de défrayer la chronique.

 

Quelques exemples donc  pour expliquer que Ould Abdel Aziz, qui dort mal et très peu depuis quelques nuits à cause de la chaleur de sa « cellule » et la température élevée des interrogatoires des flics, donne des cauchemars pour  des responsables, des ministres, des premiers ministres et des directeurs  d’établissements publics qui n’ont commis de fautes que celle d’avoir obéis à ses instructions et ses recommandations.

 

Il a beaucoup à gagner en se  montrant  digne et en  reconnaissant   toute sa responsabilité dans  les scandales dont sont accusés ses anciens premiers ministres, ministres et proches collaborateurs. La sagesse lui recommande de disculper tous ceux dont la crédibilité morale est vendue sur les réseaux sociaux et de laisser la justice régler ses comptes avec des hommes d’affaires et des intermédiaires véreux qui ont abusés de sa complicité pour porter de graves préjudices à l’économie nationale.

 

C’est seulement à ce prix qu’il pourra atténuer les circonstances des accusations qui pèsent sur sa personne et par effet d’entrainement sur  sa femme, et ses enfants  qui risquent à cause de son entêtement  de se retrouver tous  privés de leurs libertés pour ingérence dans la vie publique de l’Etat.

 

Ould Abdel Aziz, victime de règlement de ses propres comptes.

 

Ould Abdel Aziz, n’est pas,  comme il  essaie de laisser le  croire,  victime de règlement de compte politique. Il n’y pas et plus de bras de fer sur ce plan. Il a été exclu du jeu par des messages clairs et sans ambiguïté qui lui ont été envoyés  par tous  ceux qui sont la force politique de la majorité de ce pays. Ce qui lui reste à présent  c’est de sortir de cette situation très difficile sans trop de dégâts. Pour cela,  il doit coopérer et reconnaitre ses responsablilités. Parce que reconnaitre ses responsabilités  c’est aussi faire la paix avec sa conscience, avec  celles tous ses anciens proches collaborateurs, avec la justice mais aussi  et c’est le plus important peut être avec le peuple mauritanien  pour qui sa popularité  a  chuté au plus bas.

 

S’il persiste dans son entêtement, (ce qui ne lui profitera  pas),  il va condamner à des risques  par son comportement insensé beaucoup  d’innocents ce qui ne lui servira à rien ni là  dans ce bas monde,  ni à l’au-delà où la justice n’est plus celle des hommes.

 

Les mauritaniens doivent plutôt verser dans le raisonnement de cet homme aujourd’hui entre les mains de la police qui a été quoiqu’on dise de lui,  à un moment de notre histoire,  un grand dirigeant. Mais   ce qui devait arriver est arrivé. C’est le destin. Son destin  était   lié à cette histoire racontée tout au long de dix années et dont la fin risque de faire du mal et beaucoup de mal à de nombreux innocents si celui qui la raconte  ne revient pas à des meilleurs sentiments.

 

La « vérité et la réconciliation » marchent aussi,  même pour les crimes économiques et les crimes sécuritaires. Il ne lui reste qu’à explorer  cette voie, s’il ne veut pas vieillir dans le bagne d’Oualata où sont morts enchainés Bâ Abdoul Khoudouss et Tène Youssouf Gueye deux négro-mauritaniens condamnés pour leur opinion. Pas pour la corruption, le détournement et la gabegie.

 

Mohamed Chighali.

 




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