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Date: 05.03.2021  Heure: 17:17 GMT


Ajouté le : 06.12.2011 13:37

Mniya : «Le président a gracié un marabout qui a fait disparaitre mon frère»

ALAKHBAR(Nouakchott)- Agé de 21 ans, Cheickh Ould Alioune, domicilié à Nouakchott, est porté disparu depuis 2009 Sa famille ne l’a plus revu après qu’elle l’a confié à un marabout du nom de Cheick Ould Sidi Ould Boulaye, qui prétendait pouvoir le guérir. Le jeune homme souffrait d’un trouble psychique après son échec au Bac 2008.

« Nous avons donc remis une somme de 42.000 ouguiyas sans compter deux semaines d’hébergement gratuit chez nous, En plus, manger et boire lui étaient servis sans moindre sous, en quantité et qualité au-delà même de nos moyens. Nous ne sommes pas une famille aisée. Mais, ma mère était prête à tout en échange d’un rétablissement de mon frère», se rappelle, Mniya, la sœur de Cheikh qui fonde en larmes.

D’après les informations recueillies auprès de la famille, «le marabout» devait se rendre à Rosso en compagnie de Cheickh pour les besoins du traitement. Cependant, avant d’y aller il aurait entendu Mniya parler des problèmes de son terrain situé au Pk 17 (El Mina) . Tout de suite le marabout prit son propre téléphone et appela un «Général Ghazwani»."Wakherte(ravis de vous entendre)" Aïdara», répond la voix à l’autre bout du fil. Mniya et sa mère entendaient toute la discussion qui passait en main libre. «Que puis-je faire pour vous ? » s’interroge la voix. « J’ai ma sœur qui a un problème avec son terrain»…«Amenez-moi, demain, le permis. Je règlerai le problème».

Depuis lors, Mniya n’a plus revu son permis ni son frère. Après deux jours passés à Rosso, le Marabout et son patient se seraient dirigés vers Nouadhibou. En tout c’est que le mara faisait croire à la famille. «Au début, il nous appelait pour le moindre détail concernant mon frère. Il avait aussi promis de remette mon numéro à son fameux Ghazwani. Puis d’un coup rien. On l’entendait plus. Il avait fermé tous ses numéros de téléphone. Et par ma grande surprise, je constate que l’homme était aussi un voleur. Il avait chipé mon téléphone portable !», raconte Mniya.
«Nous décidons donc d’aller le chercher à Nouadhibou alors qu’il était en ce moment, ici, à Nouakchott. Il était planqué Kreigué, un quartier à Dar Naïm».

Finalement ce sera la police qui va dénicher le marabout qui sera traduit en justice. Et selon le verdict, le «le marabout voyou», comme martèle la maman de Cheikh, sera infligé de cinq ans de prison ferme assorti d’une amende de 1.200.000 si jamais Cheikh est retrouvé mort, en plus de 300.000 ouguiyas à verser à la justice.

De son côté, la famille, qui s’était lancée dans la recherche du disparu, a débloqué 170.000 Ouguiyas pour l’expert chargé de retrouver le disparu. Entre temps, la grâce présidentielle tombe, à l’occasion de la fête de l’indépendance de Mauritanie, le 28 novembre 2011, le marabout libéré et la famille choquée. «Je suis sûre que le Président de la République n’était pas bien informé du passé de ce soi-disant marabout. Toutefois, je ne comprends pas pourquoi nos trois lettres ouvertes, adressées au Président, sont restées mortes !» termine Mniya en suffoquant de douleurs.




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