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Date: 28.05.2020  Heure: 18:39 GMT


Ajouté le : 19.12.2011 10:28

Nouakchott : Des sénégalais, vendeurs d’objets d’art, sur l’avenue G.De Gaulle

Cheikh Ndiaye, vendeurs d'objets d'art

Cheikh Ndiaye, vendeurs d'objets d'art

ALAKHBAR(Nouakchott)- Cheikh N’Ndiaye est l’un des ressortissants sénégalais vendeurs d’objets d’art qui occupent les abords de l’avenue Général de Gaulle à Nouakchott. D’ethnie sérères (composante de la société sénégalaise) et de tain noir foncé, ce commerçant de 35 ans est installé en Mauritanie depuis 2003. C’était quand il a quitté sa ville natale, Touba, une cité religieuse située dans la région de Diourbel au centre du Sénégal. Arrivé en Mauritanie, Cheikh a emporté talant et foi.

Il a toujours une photo accrochée dans sa boutique. «C’est Sérigne Fallou Mbacké, mon marabout, présente-t-il, dans un grand sourire. Je suis Mouride sadigh (une confrérie du soufisme). C’est une voie religieuse que je suis sur recommandation de mon père qui, par ailleurs, m’a appris la sculpture et la commercialisation d’objets d’art».

Ces objets d’ailleurs remplissent la boutique de Cheikh. On en constate des valises, calebasses, statuettes, colliers, sacs-à-main, de tam-tam, djembé, Koras, masques, chaises pliantes, table, tableau…La plupart est fait de bois d’ébène. «En général, ces objet nous viennent de la Casamance (une région dans le sud du Sénégal). Ils arrivent ici semi-finis ; c’est à nous alors de les parfaire avant de les exposer à la vente».

Ce commerce dominé par la vente de statuettes et de masques ne fascine pas à tel goût la clientèle locale. Le mauritanien, par sa culture religieuse, est réticent de l’art de la représentation.

«Il est rare de recevoir des clients mauritaniens. Ils viennent, Quand même, souvent, pour juste solliciter des porte-monnaie, calebasses et habilles de femme. Sinon, notre vraie clientèle est constituée de diplomates et surtout de touristes occidentaux», explique Cheikh, qui ne se débarrasse pas de son sourire.

Quatre touristes norvégiens, viennent de franchir le seuil de la boutique. Cheikh leur parle en Anglaisé dans un accent cassé. Et le commerçant de tourner vers nous, comme pour étaler ses ‘’compétences’’ linguistiques. «Je parler aussi Français. Je parler Espagnol et tous…faut beaucoup dé langues pour parler avec ces gens-là»

Des touristes payent une Kora à 20.000 ouguiyas

Les touristes payent une Kora à 20.000 ouguiyas et quelques colliers qu’ils mettent, à l’instant même, autour du cou. Pas la peine d’attendre une facture : Cheikh ne l’établira pas. Pour lui, «l’essentiel c’est l’argent» qu’il venait de percevoir et avec lequel il bouche maintenant sa poche.

Notre commerçant, plus souriant avec la dernière opération de vente réussie, esquive la question : «Combien vous réalisez par mois ?» « Ils ne nous parviennent pas cadeau, ces objets! Regarde ce tableau d’art (un fleuve ruisselant sous un baobab ; deux femmes ramant au crépuscule). Je l’ai acheté du Sénégal à un prix équivalant à 20.000 Ouguiyas pour le revendre, ici, entre 25.000 et 30.000 Ouguiyas. De même ces tam-tams et ces calebasses, nous les revendons, respectivement, entre 3000 et 6000 Ouguiyas et 2000 à 3000 Ouguiyas». Cette évolution du prix dépend de la taille et de la décoration de l’objet.

Cependant, il arrive des jours où l’activité de vente est «carrément» ralentie. Mais, le commerçant n’en plaint pas trop : «c’et la loi du marché», se console-t-il.

Activité de vente ralentie par la menace terroriste

Toutefois, l’activité de vente d’objets d’art connait une nette régression depuis que la menace terrorisme s’est rabattue sur la Mauritanie. «Avant 2007, se souvient Cheikh, nous partions à la rencontre des touristes qui arriveraient à Atar. Mais à cause du terrorisme, ils deviennent moins nombreux». En effet Atar, cette région phare du tourisme dans le Nord de la Mauritanie, est placée dans la zone orange par le Quai d’Orsay. Le ministère des affaires étrangères français considère, d’ailleurs, «qu'il n'y a plus aucun pays sûr au Sahel».

«A part ça, nous travaillons en pleine quiétude : personnes, même la police, ne nous dérange. Et nous sommes à jours quand il s’agit de s’acquitter des impôts et autres taxes», insiste Cheikh Ndiaye.




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