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Date: 12.04.2021  Heure: 16:52 GMT


Ajouté le : 01.04.2012 09:43

Abdoul Birane Wane : «Nous n’avons jamais rejeté les intellectuels négro-mauritaniens»

ALAKHBAR (Nouakchott)- TPMN n’a jamais rejeté nos intellectuels, certains parmi eux font un important travail en coulisse, a déclaré le coordinateur du mouvement. Abdoul Birane Wane ajoute, dans cette interview à Alakhbar, que le véritable problème de l’enrôlement éclatera au moment de l'émission des pièces d'identité, et c'est en ce moment que plusieurs négro-Mauritaniens se rendrons compte qu'ils n'ont jamais été recensés.

ALAKHBAR : Avez-vous de cas récents de négro-mauritaniens,  rejetés à l’enrôlement,  ou qui ont peur  de se présenter devant la commission concernée ?  


Abdoul Birane Wane : Oui, nous avons toujours dit que le problème de l’enrôlement est loin d’être résolu. Les négro-Mauritaniens sont toujours victimes de cette discrimination. Nous avons reçu des plaintes des populations du 6ème arrondissement, qui sont systématiquement rejetées par des agents racistes et zélés qui sont déterminés à accomplir leur ignoble besogne. Par rapport à ce problème particulier nous prendrons des mesures adéquates. Ce n'est pas tout, on nous signale que le Cadi lui même délivre des certificats de décès avec parcimonie, deux fois par semaine, soit trente certificats le lundi et trente le mercredi, avec toute la population d'Elmina. Nous comprenons, il s'agit de populations noires, donc tous les moyens sont bons pour rejeter.  

 

ALAKHBAR : Certains accuse TPMN de mouvement non structuré. Etes-vous du même avis ?

 

Abdoul Birane Wane : Le chien aboie la caravane passe. Qui peut dire que le mouvement n'est pas structuré! Nous avons un bureau de la coordination, un mouvement des femmes, et des cellules qui sont représentées dans nos réunions par leurs délégués.

 

ALAKHBAR : Pourquoi êtes-vous réticent par rapport aux intellectuels noirs et ONG de droit de l’homme qui veulent se rapprocher de TPNM ?

 

Abdoul Birane Wane : Nous n'avons jamais rejeté nos intellectuels, certains parmi eux font un important travail en coulisse, le combat que nous menons, nous savons qu'il doit impliquer toutes les catégories. Quant aux ONG des droits de l'homme dont vous parlez , j'aurais bien voulu que vous m'en donniez  un exemple, c'est nous qui avons par contre tendu la main aux mouvements négro-Mauritaniens, à l'intérieur et à l'extérieur en perspective d'une large coalition. Et ce communiqué a même été publié par Al akhbar. Nous avons prouvé que nous sommes disposés à travailler avec les autres car nous n'avons aucun complexe. Les 24 et 25 Mars(meeting et marche), nous avons associé le Collectif des veuves et le Regroupement des victimes des évènements de 1989, n'est-ce pas une preuve d'ouverture? 

 

ALAKHBAR : Aujourd’hui vous sautez sur tout les événements, (langues nationales, passif humanitaire…) cela veut-il dire que vous n’avez plus rien à dire sur l’enrôlement ? 

 

Abdoul Birane Wane : Nous avons des revendications qui sont toutes légitimes. Le problème de l’enrôlement reste encore sans solution, mais cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas parler de l'officialisation de nos langues, de nos terres spoliées, du partage des richesses et du pouvoir, de l'égalité des chances...Alors toutes ces revendications sont liées aux droits de l’Homme, nous devons en parler, sinon c'est comme si on ne reconnaissait pas l'existence de ces injustices.

 

ALAKHBAR : TPMN n’est-il pas affaibli par les dernières mesures du gouvernement de forcer les populations, surtout les fonctionnaires, à aller se faire enrôler ? 

 

Abdoul Birane Wane : Non l'attitude du gouvernement nous renforce car elle démontre que ces recensements constituent un échec, c'est maintenant qu'on peut vraiment parler d’enrôlement, c'est comme un enrôlement de soldats, l'Etat oblige les fonctionnaires à se recenser .C'est du chantage. Le véritable problème éclatera au moment de l'émission des pièces d'identité, et c'est en ce moment que plusieurs négro-Mauritaniens se rendrons compte qu'ils n'ont jamais été recensés.

 

ALAKHBAR : Y a-t-il une partie tiers qui apport un soutien financier à TPMN ? 

 

Abdoul Birane Wane : Touche pas à ma nationalité fonctionne avec ses moyens, nous voulons démontrer que la volonté est à la base de tout combat pour la libération.

 

ALAKHBAR : Que vous inspire-t-il la journée de réconciliation nationale du 25 mars

 

Abdoul Birane Wane :  La journée du 25 Mars nous inspire la honte, un régime de criminels soutenu par des nègres de service qui veut faire table rase des crimes commis au mépris des victimes. Nous dénoncerons avec vigueur.




 

 




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