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Date: 02.03.2021  Heure: 06:54 GMT


Ajouté le : 07.06.2012 00:53

Mauritanie: Biram Ould Abdeid présente ses excuses aux Musulmans (Communiqué)

L’incinération de certains manuels appartenant à des branches de la jurisprudence malikite a provoqué une vague de critiques, de dénonciations, de diffamations et parfois de calomnies. Ces réactions ont été teintées de spontanéité et de sincérité dans les milieux populaires mais de profond cynisme et de démagogie dans les milieux du Pouvoir et de l’Opposition. Cette vague de réactions et l’incompréhension qui l’accompagne appellent de ma part le besoin de préciser certains aspects et d’expliquer les véritables motifs qui m’ont poussé à agir de la sorte.

Premièrement : Les actes commis n’ont nullement comme objectif de blesser les sensibilités des Musulmans. Ils doivent être compris comme étant l’expression du rejet qui est le mien de tous ceux qui s’accrochent et qui justifient l’esclavage par une compréhension incomplète de l’Islam véritable. Ils doivent être compris comme étant une mise en garde de ma part contre la confusion entretenue entre un esclavage survenu pendant la période antéislamique (Jahilya) et que l’Islam avait complètement éradiqué et un autre esclavage dont je sais, en ma qualité de professeur d’Histoire, qu’il est juste l’expression d’une agression d’un groupe contre un autre et la défaite infligée par certaines tribus africaines à d’autres lors des guerres depuis Omar Elfouty jusqu’à Samoury Touré. Ces guerres avaient impliqué les Emirats Bidhane au Nord et les Emirat Soudane au Sud. Des Bidhane furent mis en esclavage au Sud et des Soudane réduits à la servilité dans Nord. Cela pour la bonne gouverne de l’ignorant et pour rappel au distrait.

Deuxièmement : L’ensemble de l’arsenal législatif de lutte contre l’esclavage est resté lettre morte parce que ces loi rentraient, dans l’imaginaire collectif de nombre de Cadis et d’Uléma mauritaniens, en contradiction avec la jurisprudence parcellaire que certains hissent au niveau de la sacralité et de l’infaillibilité. Ici, je rappelle à tous, que l’application de la loi incriminant l’esclavage est inéluctable et tous les obstacles sur la voie de sa traduction sur le terrain seront balayés. Cela doit passer par la promulgation d’une Fatwa claire et nette destinée à éclairer la lanterne des responsables publics et redresser les incompréhensions relatives à des questions fondamentales telles les droits de l’Homme, l’égalité entre les personnes et le respect de la dignité humaine.

Troisièmement : Je voulais, par l’incinération de certains manuels légalisant l’esclavage, qui sont ma propriété et qui ne comportent ni Saint Coran ni Recueil de Hadiths contrairement à certaines allégations malveillantes, attirer l’attention sur l’interdiction de s’y référer et de les utiliser comme justification du maintien des pratiques esclavagistes. Je ne suis pas pionnier sur cette voie. Les Almoravides avaient brûlé les livres d’Elghazaly pour dénoncer le Soufisme. Les Mouwahidoun avaient brûlé les manuels du Malikisme pour empêcher le développement de courants internes à l’Islam et s’en tenir aux fondements et à la base.

Evoquant le Calif Omar (qu’Allah ait son âme) quand il disait « pourquoi maintenez-vous les gens en esclavage alors qu’ils sont nés libres », se référant à la Fatwa de Mohamed Baba Etoumboukti où il proscrit l’esclavage des « venant du Soudan » et s’appuyant sur l’affirmation de Malik (qu’Allah ait son âme) selon laquelle « dans toute parole il y a à prendre et à laisser sauf celle du gisant de cette tombe », je regrette l’incompréhension qui a accueilli mes actes et présente mes excuses au peuple mauritanien et aux peuples musulmans auxquels je réitère ma bonne foi . Je leur affirme que je n’ai jamais voulu attenter aux choses qui leur sont sacrées ni blesser leurs sentiments.

Je présente aussi mes excuses à ceux, parmi les militants de l’IRA , que ce rude changement a embarrassés et leur réaffirme que l’objectif n’a jamais été d’atteindre le saint Coran ou la Sunna qui demeurent nos arguments principaux et nos références dans notre combat tout au long de notre vie.

Allah est le garant de ma réussite, sur Lui je m’appuie et à Lui je me réfère.

Biram Ibn Abeid
Prison civile, Nouakchott le 4 juin 2012

Traduction de For-Mauritania




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