Date: 20.06.2019  Heure: 15:17 GMT


Ajouté le : 24.01.2013 23:55

Moussa Marra du parti YELEMA demande l'augmentation du budget de l’armée malienne (Interview)

ALAKHBAR (Bamako)-Moussa Mara, expert comptable et, Maire de la commune IV de Bamako et Pdt du parti YELEMA, demande l’augmentation de 30% du budget de l’armée malienne pour couvrir son engagement dans la guerre contre les islamistes au nord du pays. Il répond aux questions des envoyés spéciaux de Alakhbar au Mali.

ALAKHBAR: Qui supporte la facture de l’armée malienne de la guerre ?


Moussa Mara: C’est l’Etat malien qui supporte l’engagement malien dans la guerre. Il n’existe pas d’autres contributions extérieures, pour l’instant, concernant l’armée malienne. 

 

ALAKHBAR: Le budget de cette armée pourra-t-il tenir longtemps ?


Moussa Mara: Aujourd’hui le budget annuel normal de l’armée malienne s’élève à environ 115 milliards de francs Cfa.  Les salaries et le fonctionnement y sont compris. Mais une guerre est différente d’un processus normal. Pour l’armée malienne, parce qu’il faut la distinguer de la force internationale qui la soutient, pour l’armée malienne,  pendant cette phase intensive de la guerre et celle, moins intensive, de sécurisation des zones reconquises, il faut augmenter d’au moins 30% le budget, soit une quarantaine de milliards de francs Cfa supplémentaires.

 

ALAKHBAR: L’armée malienne pourra-t-elle trouver ces 40 milliards?


Moussa Mara: L’Etat a déjà anticipé sur la question. Il a prévu, éventuellement en fonction des nécessités,  une trentaine de milliards qui seront dégagés pour faire face à la situation. Nous espérons qu’on n’arrivera pas à une imposition de taxes et d’impôts supplémentaires pour réunir la somme. Le dispositif, mise en place par l’Etat, et les contributions volontaires devront supporter une bonne partie du coût.  Les contributions volontaires sont en train d’être collectées de manière considérable. Hier (Lundi dernier, ndlr), par exemple, une seule personne a donné 100 millions de francs Cfa. Je pense que les maliens, par contribution volontaire, pourront dégager 20 milliards Cfa. C’est certes ambitieux, mais ce n’est pas au-dessus de nos forces. Si on s’organise bien, on pourra,  à mon avis, dégager cette enveloppe financière.

 

ALAKHBAR: Vous n’espérez pas une imposition de taxes supplémentaires. Mais que ferait l’Etat  si l’option s’imposait?


Moussa Mara: J’espère qu’on n’en arrivera pas. Il n’est d’ailleurs pas sûr que cette option soit efficace pour l’économie malienne en berne. Et puis, pour qu’une taxation soit efficace, il faut de la matière à taxer, mais si l’économie se restreint, la matière va probablement suivre. La taxation ne sera donc pas forcément efficace. Elle pourra même produire l’effet inverse, c'est-à-dire amener beaucoup d’acteurs économiques à se tourner vers l’informel pour fuir les nouvelles taxes. J’espère qu’on n’en arrivera pas là, parce que, d’une part, le dispositif de l’Etat, d’autre part, la contribution volontaire et, d’une troisième part, les contributions étrangères si elles sont versées, pourront nous permettre de réunir les sommes nécessaires.

 

ALAKHBAR: Le Mali participe-t-elle au financement de la force internationale?


Moussa Mara: Les forces internationales qui arrivent ne sont pas financièrement supportées par le Mali. C’est le principe de tout engagement de la Communauté internationale. Vous avez vu qu’à la base il y a la résolution 2085 de l’ONU qui autorise le déploiement d’une force internationale. Et quand l’ONU prend une résolution, c’est pour également prendre en charge ses conséquences. Seulement, l’agenda a été accéléré: la guerre a été anticipée. Il va falloir que l’ONU aussi accélère la mise en œuvre de son dispositif de financement.

Ajoutons qu’il y a une conférence des donateurs qui aura lieu le 29 janvier à Addis-Ababa. Il y a aussi l’Union Européenne qui organise une autre conférence le 6 février prochain. Nous espérons que la multiplication de ces conférences de donateurs permettra la prise en charge, au moins du volet international de la guerre.

 

ALAKHBAR: Quels sont les secteurs économiques les plus touchés par la guerre ?


ALAKHBAR: Comme dans tout conflit, les services sont d’abord concernés et les gens commencent par renoncer à ce à quoi ils peuvent renoncer comme les loisirs, l’hôtellerie et le luxe. Ils renoncent aussi aux biens dont on peut se passer. Donc, il y a d’abord les services, qui touchent aussi le commerce, qui sont affectés de manière général. Il y a ensuite les domaines de travaux publics et de sous-traitance qui sont liées à des investissements  différés aujourd’hui en raison de la crise.  On peut en inclure les  investissements dans les domaines d’infrastructures routières, de l’extension du réseau de télécommunication, de la santé et de l’éducation. Tous ces projets qui ont été gelés ou reportés utilisaient beaucoup de sous-traitants, vous savez les entreprises maliennes sont utilisées comme de sous-traitantes par les autres étrangères lesquelles ont de fait arrêté leur activité dans le pays. On a aussi progressivement le secteur industriel  dans le sens de l’agro-industrie ou des produits élaborés qui concernent le grand public mais qui ne sont pas forcément des produits de première nécessité. Au final, nous assistons à une réaction en chaine.

 

ALAKHBAR: Peut-on évaluer le manque à gagner?


Moussa Mara: Il est difficile de faire l’évaluation, le patronat lui-même à dû mal à la faire. On peut estimer que la baisse d’activité pour les entreprises, toutes confondues, oscille entre 10 et 20 %.  Egalement, l’Etat a dû renoncer, à peu près, à 40 % de son budget 2012.

 

ALAKHBAR: Cette baisse d’activité ne risque-telle pas de porter un coup dur à l’économie malienne ?


Moussa Mara: On espère sortir de la crise rapidement pour que cette baisse d’activité puisse être enrayée vers la fin du budget de l’année 2013.




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