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Date: 02.03.2021  Heure: 08:36 GMT


Ajouté le : 09.08.2011 16:49

Projets routiers : réalisations à pas de tortue

ALAKHBAR (Nouakchott) - En matière d'infrastructure routière, le Ministère mauritanien du transport, avait signalé que la longueur des routes réalisées depuis l’indépendance jusqu’à 2008 est de 3361 kilomètres. Quant aux projets de construction d'autres routes, lancés depuis 2008 sont 17 projets qui concernent 1279 kilomètres de route à réalisés avant l’an 2013.

Cependant, dans la réalisation, ces nouveaux projets ont été paralysés, d'une part, par des retards d'exécution et, d'autres, par de violations juridiques. En plus, le coût du kilométrage varie d’une zone à une autre. Toutefois, le Ministère mauritanien du transport ne manque pas de justifications.

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Combien coûte 1 kilomètre?
Kiffa: 70 millions UM
Atar-Tidjikdja: 110 millions UM
Aïoun: 180 millions UM
Néma: 239 millions UM
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Des marchés douteux ont été attribués de grès à grès par la commission. Celle aurait même attribués des marchés, après inauguration et annonce de démarrage des travaux. Une grande différence, parfois double, de coût a été observée en dépit de la similitude, de la quantité et de la distance

Ces projets de construction de routes, annoncés depuis 2008, tel que la route Monguel-Lexieba, n'ont pas encore démarré, malgré que la pose de la première pierre et la fixation du délai d'exécution des travaux, souvent de 12 mois à 16, ont été faites.

L'entreprise chargée de réaliser la route Monguel-Lexieba, aurait d'ailleurs plié bagage, au lendemain de l'inauguration du projet par le Président de République.

Cela n'a pas empêché Ould Abdel Aziz de parler d'avancements des travaux, suscitant l'étonnement des populations locales qui se demandent" comment peut-on parler d'avancement des travaux qui ne sont même pas entamés.

Un autre retard est perceptible au niveau de l’expiration de la durée d’achèvement de la route Keur Macène – Laweiviya. Prévue pour 12 mois, à compter du mois de mars 2010, la durée légale du projet est dépassée de cinq mois. Outre, le second alinéa de l’article 118 du code des marchés considère que ce marché public annulé après que les infractions aient atteint le taux de 7%.

Idem pour le projet de voiries d’Aïoun qui était lancé au 02 Août 2010. La fin des travaux était prévue après 10 mois, mais celle-ci a connu un retard de deux mois sans être assujettie à des infractions pénalisantes prévues par le code des marchés publics. La suspension des travaux dans ce tronçon augure d’une prolongation qui durera plus.

La route de Kiffa – Tintane, financée par un montant de 12.751.681.235 ouguiyas, était prévue pour une durée de 30 mois. C'est ce qu'avait annoncé le Premier ministre, le 26 Novembre 2009. Moulaye Ould Mohamed Laghdaf avait assuré que "la réalisation de cette route sera achevée en 30 mois", alors que, sur le terrain, 10 Kms seulement ont été réalisés. La route kiffa-Tintane est de 145 Kms, en plus de 24 Kms de route prévus à l'intérieur de Tintane.

La voirie urbaine de Rosso, longue de 32 Kilomètres, a, elle aussi, connu un arrêt des travaux depuis quelques temps.

Le tronçon Mbout –kaédi de 116 kms, lancé depuis Mars 2006 devait durer 30 mois. Mais il y a encore là du retard. L’entreprise Portugaise chargée d’exécuter le projet a échoué d’honorer ses engagements pour son achèvement.

Le tronçon Mbout –Selibaby long de 117 Kms, financé par l’Union Européenne, et, démarré en juin 2009, a également un retard de 30 mois et d'obstacles dans son exécution.

La voirie de la capitale Nouakchott n’est pas à l’abri de ralentissement. Parmi les 125 Kms à réaliser, seuls 78 Kms ont été jusqu'ici achevés.

Au niveau de Nouakchott, l'infrastructure routière ne manque pas quelques paradoxes: La réalisation de la route Moctar Ould Daddah à Nouakchott, attribuée gré à gré à la société ATTM en 2008, a connu la pose de sa première pierre par le président mauritanien avant même l’attribution du dit marché à la dite société.

Sur le site web du ministère du transport, les autorités reconnaissant ses retards et tentent de présenter des excuses. Ils les justifiant par des "problèmes inattendus".

Concernant, par exemple, la réalisation du tronçon kiffa-Tintane, le ministère justifie le retard actuel par le « changement de l’étude préliminaire en raison de l’inefficacité de certaines matières utilisées ».

Le retard de la réalisation de la voirie de Rosso, selon ce ministère est suscité par l’absence de carrières de couches de bases d’asphalte.
Quant aux voiries urbaines de Nema et d’Aïoun, elles ont connu, selon le ministère, un ralentissement dans leur réalisation en raison de difficultés liées au dégagement du passage des routes, selon le ministre du transport.

Pour la route de Keur Mecène, le retard d'exécution est justifié selon les autorités dans par le retard du montant d’avance et le manque d’expertise de la société chargée de l’exécution (génie militaire).

S'agissant du retard dans la réalisation de la route Rosso-Boghé (32 kms), il est dû, selon le ministère, à l’absence de pierres utilisées dans les finitions.

En plus du retard observé, un grand écart, parfois le double, a été constaté dans le coût de réalisation de ces projets d'infrastructures routières.

L’exemple le plus pertinent, c'est la voirie de Kiffa. Long de 10 kms, le coût revenait à 700 millions ouguiyas; ce qui signifie que le prix unitaire d’un seul kilomètre est de 70 millions.

Alors si nous considérons, la route Atar –Tidjikja , ce prix unitaire grimpera à 110 millions le Klm. Tandis qu'il s'envole à Aioun, jusqu'à 180 millions le Kms. Plus spectaculaire juste à proximité précisément à Néma, le prix du kilomètre d’asphalte monte jusqu'à à 239 millions.




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