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Date: 28.05.2020  Heure: 17:59 GMT


Ajouté le : 08.10.2013 09:54

Négociations Bamako/mouvements armés: « il y a des lignes rouges à ne pas franchir » (Ministre)

ALAKHBAR (Nouakchott)-Le ministre malien des Affaires étrangères précise que le chef de l’Etat malien Ibrahima Boubacar Keïta IBK a défini, lors de sa rencontre à Bamako avec les chefs des mouvements armés trois lignes rouges à ne pas franchir, à savoir " le respect de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale du Mali, la laïcité de l’Etat et aussi la stabilité de la sous-région et du continent africain en général (…) Hormis ces lignes rouges tout est négociable ".

Dhehbi Ould Sidi Mohamed est interviewé par Alakhbar lors de sa visite dimanche à Nouakchott.

ALAKHBAR: Comment le Mali compte régler la question du Nord ?

 

Dhehbi Ould Sidi Mohamed: Comment le Mali compte régler la question du Nord ? C’est un sujet posé, tout le monde voudrait savoir quelles sont les nouvelles démarches compte tenu de l’accord de Ouagadougou signé (le 18 juin 2013 ) entre le gouvernement malien et les mouvements armés. Il est dit dans cet accord, qui a permis la tenue des élections, que quand un nouveau président est élu, il doit,  dans les soixante jours qui suivent, engager des négociations avec ces mouvements armés. Mais le président n’a même pas attendu cela.  Dès le lendemain de son investiture, il a invité tous les mouvements armés de façon inclusive. Il y avait le MNLA, le HCA, le MAA et les deux mouvements sédentaires: "Gandaïzo" et des "Gandakoy.  Pour le Mali, la solution doit être inclusive et sans privilégier un quelconque mouvement.

 

Donc cela est point positif par rapport au processus de paix. Autres points positifs et qui viennent des  mouvements qui sont allés à Ouaga sont le fait que ceux-ci aient déclaré leur appartenance à la République du Mali en plus de respecter les trois lignes rouges définies par le chef de l’Etat lors de sa rencontre avec les chefs des dits mouvements à Bamako: en effet  il leur avait signifié ces trois  lignes rouges à savoir le respect de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale du Mali , la laïcité de l’Etat et aussi la stabilité de la sous-région et du continent africain en général; c’est-à-dire que  la solution qu’on doit trouver pour le Mali ne doit pas être un antécédent à même d’inspirer ailleurs des vocations indépendantistes chez certaines minorités : celles-ci peuvent dire si c’est possible au Mali pourquoi pas chez nous !     

 

Hormis ces lignes rouges tout est négociable ; la gouvernance locale et la décentralisation y comprises. Elles seront discutées dans des états généraux auxquels sont conviés tous les maliens même les groupes armés. Le gouvernement est prêt à aller  beaucoup plus loin. Nous allons faire en sorte que  toute négociation soit transparente et inclusive.

 

 

ALAKHBAR : Est-ce que le gouvernement malien donne suffisamment de garanties à ces mouvements ?

 

Dhehbi Ould Sidi Mohamed: Vous savez nous ne sommes pas en train de faire de la surenchère; nous sommes sincères et on doit nous juger par nos actes. Les mouvements disent qu’ils sont des Maliens. Un problème malien on le discute au Mali. Ce qui est sûr c’est que le président de la République, la plus haute autorité de l’Etat malien a décidé que des concertations entres Maliens se dérouleront au Mali. Nous avons une chance: Il y a une mission de maintien de la paix des Nations unies qui est déjà au Mali, donc qui peut faciliter le transport la sécurité donc toutes les contraintes par rapport aux négociations sont ainsi levées. Donc ça c’est un. On garde le même médiateur qui est toujours le médiateur de la  CEDEAO et l’aide de la  mission de l’ONU et puis on discute entre Maliens dans un processus transparent et inclusif. Maintenant celui qui a des appréhensions qui dit que le gouvernement malien ne va pas respecter ses engagements et bien qu’il nous mette à l’épreuve et que lui respecte aussi ses engagements, parce nous quand nous avons dit que nous sommes dans l’accord nous y tenons nous n’avons  pas dénoncé unilatéralement ce même accord.

 

ALAKHBAR: Votre visite en Mauritanie est-elle pour réchauffer les relations dégradées entre Bamako et Nouakchott ?

 

Dhehbi Ould Sidi Mohamed: Cette visite traduit la volonté du président IBK de renforcer les liens de fraternité et d’amitié entre le Mali et la Mauritanie. Elle témoigne aussi de sa disponibilité de coopérer avec les autorités mauritaniennes dans la lutte contre le trafic de drogue et contre le terrorisme. Et la réponse du président Mohamed Ould Abdel Aziz a été très positive; il nous a donné l’engagement de son soutien total au Mali. Il a aussi promis que la Mauritanie sera toujours aux côtés du Mali. Il n’y a donc pas de problèmes ni de contentieux entre le Mali et la Mauritanie au moment où je vous parle.

 

ALAKHBAR: Le président malien a-t-il refusé de se rendre en Mauritanie, comme rapporté dans des médias ?

 

Dhehbi Ould Sidi Mohamed: Bonne question ! Mais  je vais vous dire qu’il y a eu beaucoup de faux commentaires. Le président IBK a bien voulu visiter la Mauritanie. Il a avait appelé son homologue  le président Aziz et il lui avait dit qu’il voulait venir le voir. Malheureusement, il a y eu un contre temps pour le président et la visite n’a pas pu avoir lieu. Donc cette déclaration qui dit que IBK ne voulait pas venir ce n’est pas correcte. IBK a bien voulu venir en Mauritanie et il viendra à Nouakchott. Je ne sais pas d’où ça sort cette information. En tout cas, vous devez vous méfier des informations qui sont véhiculées parfois par des gens qui au lieu de favoriser la paix et la stabilité entre les Etats essayent toujours de mettre de l’huile sur le feu.  

 

ALAKHBAR: La question du déploiement de troupes mauritaniennes dans le cadre de la Munisma n’envenime-t-elle pas les relations entre les deux pays ?

 

Dhehbi Ould Sidi Mohamed: Là également il y a eu beaucoup de désinformations. La Mauritanie ne peut pas demander de déployer des troupes à tel ou tel endroit. Ce qui s’est passé c’est que les Nations unies, conformément à la résolution du Conseil de Sécurité, font des démarches auprès de tous les pays pour avoir des troupes - on les appelle des pays contributeurs de troupes - et la Mauritanie ne s’était pas portée volontaire. Ce sont les Nations unies et certains pays alliés, au niveau de Conseil de sécurité, qui ont demandé à la Mauritanie de participer dans la mission de maintien de la paix au Mali. La Mauritanie répondra favorablement à cette sollicitation tout en rappelant que le Mali est un pays frère pour lequel elle avait perdu des hommes  dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Maintenant tout déploiement  de  troupes relève du gouvernement malien et de la Munisma. Toujours concernant le déploiement des forces mauritaniennes, les démarches sont en cours, ce n’est pas terminé, le chapitre n’est pas clos et certainement dans les mois à venir ce dossier sera peaufiné.  La Mauritanie verra si elle est contente des endroits qu’on va lui proposer.  Cette question n’affecte en rien les relations entre les deux Etats.

 

ALAKHBAR: IBK va-t-il demander l’extradition de l’ancien président malien Amadou Toumani Touré réfugié au Sénégal ?

 

Dhehbi Ould Sidi Mohamed: Je ne peux pas  répondre à cette question d’ordre  politique.  Il faudra la poser  au président malien qui sera à Nouakchott très prochainement après la fête de la tabaski. Moi je suis ministre des Affaires étrangères, il y a des questions sur lesquelles je peux vous dire ce que je connais en toute honnêteté et conformément à la politique de mon gouvernement.  Et il y a des choses sur les quelles je ne peux pas répondre.

 

ALAKHBAR: Quelle est la situation du camp de Kati, après la colère de soldats réclamant des promotions ?

 

Dhehbi Ould Sidi Mohamed: Kati est une caserne comme toutes les casernes de la République du Mali qui est sous contrôle de l’armée régulière, républicaine et qui répond devant l’Exécutif. Au moment où je vous parle il n’y a aucun problème à Kati. La caserne est calme tout est en ordre, l’armée se consolide  jour après jour.   

 

ALAKHBAR: De cette caserne étaient venus les auteurs du putsch du 22 mars; de nouvelles troubles dans la même caserne ne vont-elles pas inquiéter IBK ?  

 

Dhehbi Ould Sidi Mohamed: Monsieur vous me racontez l’histoire. Moi je vous parle du présent, depuis le retour à l’ordre constitutionnel et l’élection d’un nouveau président ; ce qui s’était passé  ça vraiment je ne peux pas vous répondre et moi je regarde l’avenir pas le passé.

 

 

 




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