Date: 29.05.2017  Heure: 18:55 GMT


Ajouté le : 27.04.2014 00:28

Dia Alassane: "On refuse l’identité mauritanienne aux Noirs de Mauritanie"

ALAKHBAR (Nouakchott)-Le coordinateur du mouvement Touche Pas à Ma Nationalité (TPMN) estime qu’"on refuse l’identité mauritanienne aux Noirs de Mauritanie". Alassane Dia était interviewé par Alakhbar quelques minutes après la dispersion de la marche de TPMN, samedi à Nouakchott. Le mouvement commémorait le 25ème anniversaire des déportations de 1989.

Plusieurs milliers de Noirs mauritaniens ont été déportés au Mali et au Sénégal suite aux événements de 1989 qui ont opposé la Mauritanie au Sénégal.

35 milles personnes parmi ces déportés sont volontairement rentrés au pays durant la période 1992 - 2008, selon les ONG mauritaniennes de défense des droits de l’homme.

Un accord triparti signé entre la Mauritanie, le Sénégal et le HCR a permis le retour organisé de 24 000 autres déportés.

Ce retour organisé a été bouclé en mars 2012 pendant que 10 Mille autres déportés sont restés au Mali. Ils ne sont concernés par aucun accord. 13 autres recensés par le HCR sont restés au Sénégal.

Alakhbar: Pourquoi TPMN marche en ce jour du 26 avril ?


Dia Alassane: Nous voulions organiser cette marche, pour commémorer le 25ème anniversaire des déportations de 1989. Nous voulions dire en même temps que les déportations continuent aujourd’hui en Mauritanie à l’interne, parce qu’on refuse l’identité  mauritanienne aux Noirs de Mauritanie. On interdit  aux Noirs mauritaniens les papiers d’état civil. Quand on vous interdit des papiers d’état civil, vous n’êtes  plus rien. On se définit d’abord par son identité. Nous voulions également dénoncer le caractère raciste et discriminatoire de l’enrôlement de Mohamed Ould Abdel Aziz et de son régime raciste.

 

Alakhbar: Pourquoi n’avez-vous pas demandé une autorisation?


Dia Alassane: Nous n’avons pas à demander d’autorisation. C’est notre droit le plus absolu. Nous sommes libres de nous associer. Nous sommes libres de manifester. Nous avons seulement le devoir d’informer les autorités. Nous l’avons fait dans les délais et dans les règles de l’art. Mais les autorités ont tenu à interdire la marche. Et nous nous étions tenus à la faire.

 

Alakhbar: Y a-t-il eu des blessés ?


Dia Alassane: Il y a eu au moins un blessé. Il s’agit de notre militant Abdoulaye Kane. Il a été  touché d’une grenade au dos. Ils (Les forces de l’ordre) nous ont dispersés à coup de grenade. Vous entendez les grenades! Ils ne nous ont même pas laissé nous rassembler.

 

Alakhbar: Qu’envisagez- vous faire maintenant ?


Dia Alassane: Pour l’instant, nous allons probablement nous disperser. Mais, nous allons nous retrouver pour revenir encore plus fort.

 

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