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Date: 17.04.2024  Heure: 15:33 GMT


Ajouté le : 08.01.2023 17:38

UNE OPERATION DE BROUILLAGE

Réagir à chaud est rarement une bonne idée. Encore que mon tempérament ne m’y pousse guère lorsqu’il s’agit d’une sortie médiatique porteuse de polémique, surtout venant d’un personnage que j’ai connu toujours affable quoi que trainant avec lui une réputation machiavélique fortement établie au sein de notre microcosme politique.

 

Mais il me faut reconnaître que cette sortie de Mohamed Vall Ould Bellal nous laisse pour le moins pantois, si bien que j’ai difficilement pu résister à la tentation de m’inscrire au débat qu’il propose, car la lecture de son texte conduit à se poser des questions intrigantes, notamment sur le choix du moment et la portée de sa proposition qui surgit soudainement et sans aucune raison contextuelle apparente.

 

Pour dire qu’en brandissant le spectre du passif humanitaire, il savait sûrement que sa démarche allait susciter des réactions spontanées, d’autant qu’il annonce d’emblée : « je n’ai nullement la prétention de suggérer des solutions, ni même des pistes de solution »

 

Dès lors, on ne voit pas avec un si mauvais départ de son esquif par quel miracle pourrait-il atteindre son but ou réussir sa tentative dont l’objectif serait, dit-il, « d’introduire une discussion franche et apaisée, en espérant provoquer une nouvelle initiative à propos dudit dossier ».

 

Une telle opération de brouillage de sens, sur un sujet que d’aucuns voudraient voir enfoui dans les limbes de la mémoire collective, ne pourrait avoir d’autre effet que d’installer une ambiance ubuesque qui prendrait notre classe  dirigeante en otage tout en maintenant  l’opinion publique dans l’expectative (...).  

 

Or que vise vraiment Ould Bellal, si ce n’est à donner l’impression qu’il connaît mieux que d’autres les dimensions nationale et internationale de ce dossier ?

 

Veut-il ainsi démontrer qu’il serait un candidat sérieux pour remplacer Me  Bouhoubeini à la tête de la Commission Nationale des Droits de l’Homme, au cas où les autorités publiques seraient amenées ou contraintes à prendre cette éventuelle décision ?

 

La ‘’nouvelle initiative’’ ci-avant soulignée voudrait-elle dire une nouvelle dynamique se caractérisant par une docilité à toute épreuve vis-à-vis de ces autorités, contrairement à l’attitude récalcitrante que l’on prête à l’actuel président de ladite Commission ?

 

Si cet appel du pied n’était que simple vue de l’esprit, alors  pour quelle raison voudrait-il introduire, en ce moment précis, un débat qui renvoie aux douloureuses vicissitudes de notre histoire immédiate et qui  divise plus qu’il ne rassemble ?

 

C’est néanmoins très excitant sur le plan intellectuel que de vouloir tenir en haleine la mémoire collective, mais il n’appartient pas à un homme politique d’appuyer sur le passé douloureux d’une communauté pour aboutir inéluctablement à la stigmatisation d’une autre qui en serait collectivement responsable, surtout dans une république ou un Etat qui se veut de droit et sous l’autorité duquel les événements en question se sont déroulés.

 

Encore que ces événements furent largement discutés et avaient déjà fait l’objet de moult revendications clamées ici et ailleurs, dans toutes les instances concernées, durant plus de deux décennies, jusqu’à tourner à ce point en exigences lourdement répétitives et vraisemblablement sans issue, puisque ce passif a été effacé par amnistie...    

 

De toute façon, quelles que soient ses arrière-pensées, machiavéliques ou sincères, le débat que voudrait initier Ould Bellal sera rejeté d’abord avec mépris par les pouvoirs publics et ensuite sans égard par l’opinion publique dont les préoccupations de l’heure sont autrement plus urgentes dans un contexte de sourd mécontentement général.

 

PAR AHMEDOU OULD MOUSTAPHA

 





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